mercredi 24 septembre 2025

Mercredi 24 septembre 2025 - De Firenze à Brig en train, via Milano…

     Nous quittons l’appartement vers neuf heures trente. Le ciel est d’azur. Nous nous rendons à la gare où le Starbucks annoncé demeure introuvable. Nous nous installons alors dans la galerie commerciale, au niveau inférieur, à la terrasse du café Vyta où Patrick sirote un café latte en savourant deux escargots aux raisins. À onze heures, le train Frecciarossa 9520 s’éloigne de Florence. Nous avons pris place en voiture sept. Assise en face de Patrick, une jeune fille asiatique, un miroir à la main, consacre une trentaine de minutes à peaufiner son visage pâle avec divers produits de beauté. Durant ces instants, elle utilise sur son visage un recourbe-cils, aussi appelé eyelash curler en anglais. Cet outil de maquillage sert à recourber les cils afin d’ouvrir le regard et de donner l’apparence de cils plus longs et plus courbés. Ensuite, elle se consacre à son téléphone portable. Le train s’arrête en gare de Bologne quarante minutes plus tard. Le quai est souterrain. Je lis l’enquête de Sherlock Holmes intitulée Les trois étudiants, dont l’intrigue est vraiment passionnante et bien « ficelée ». Que de tunnels traversés durant le trajet !

    Le train entre en gare de Milano Centrale vers treize heures avec treize minutes de retard. Je vois une équipe de tournage dans l’enceinte de la gare. Elle est en train de réaliser un shooting professionnel, probablement pour une production publicitaire ou un spot promotionnel. L’équipe utilise un matériel sophistiqué, avec des éclairages et des accessoires pour créer un cadre adapté. Un décor a été installé avec des logos de marques. Le restaurant Wok, où nous avions l’habitude de déjeuner, fait partie d’un bloc de la gare en rénovation. Grâce à Google Maps, dans les minutes suivantes, nous sommes au ristorante pizzeria Italiana, Via Giulio Tarra. Teresa nous accueille de son sourire éclatant. Nous savourons un couscous de légumes avec des pommes de terre au four.

    Nous retournons ensuite à la gare où nous avons la surprise de constater que notre train à destination de Brigue a été annulé pour des motifs techniques. Nous nous rendons alors au service clients. Les minutes patientent. Les informations arrivent par une charmante jeune femme. Le groupe des « annulés » est convié à suivre un agent qui nous mène dans une salle privée de la gare où nous attendons le train de 18:05. Donatella nous offre un kit de courtoisie et nous informe qu’un second convoi sera ajouté au train pour notre groupe de passagers. Confortablement installés, les minutes nous bercent des murmures des conversations, tandis que nous sirotons une boisson chaude. Dehors, le ciel s’obscurcit… des trombes d’eau tombent sur Milano… le tonnerre gronde… les vendeurs de parapluies apparaissent comme par magie…

    Le moment venu, Donatella escorte le groupe au quai numéro cinq. La gare est bondée et nous slalomons dans la foule en suivant le gilet rouge de notre guide. Mon regard se pose brièvement sur des dizaines de visages, tous différents, tous uniques. Plus tard, après d’autres visages qui arrivent à Milan, le train s’élance sur les rails un peu avant dix-neuf heures, avec les deux convois réunis. Le manteau de la nuit nous enveloppe…

    Je repense alors à tous ces visages qui ont effleuré mon regard. Je me laisse porter par l’éblouissement de cette diversité qui, comme une mer bruissante, ondule sans jamais se confondre : chaque être humain, par le seul élan anonyme de la vie, porte une forme singulière, une histoire sans équivalent, une vibration nouvelle dans la trame du monde. La foule autour de moi représente une constellation mouvante: une myriade d’étoiles qui jamais ne s’assemblent dans la même lumière, mille reflets dans lesquels la vie se contemple, toujours changeante. Tout s’invente à chaque instant, tout surgit pour disparaître, et dans ce passage, dans ce mouvement, naît la beauté. Alors la foule n’est plus un tumulte, mais une vaste mer de présences singulières. Chaque être est une vague, une couleur, un rythme dans la fresque mouvante du monde. Et moi, en avançant au cœur de ce foisonnement, je sens que la vie, telle une source intarissable, se réjouit de son propre prodige: ne jamais redire, toujours créer. Tout se déploie en une subtile harmonie de différences, comme si la vie, à travers nous, jouait une musique aux milliards de notes et de partitions. Elle est une symphonie en perpétuelle création — et nous en sommes les voix, distinctes et mêlées, jamais identiques, toujours neuves…




































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