mardi 2 septembre 2025

Mardi 2 septembre 2025 - Découverte des vestiges mystérieux du Château d’Igoumenítsa...

    Angelika Pallas, le nom de l’hôtel, puise son originalité dans un héritage chargé de symbolisme, mêlant la force et la sagesse de la mythologie grecque à une modernité accueillante et chaleureuse. Le nom « Pallas » évoque à la fois la puissance guerrière et protectrice d’Athéna, ainsi que la douceur et la loyauté de la nymphe Pallas, amie de la déesse. La composante « Angelika » rappelle la notion de messagère, héritée d’Angélia, fille d’Hermès, symbole de la communication et de la bienveillance. Fondé dans la ville portuaire d’Igoumenitsa, Angelika Pallas s’inscrit dans une tradition d’accueil qui mêle l’esprit voyageur des messagers et la protection des dieux. L’hôtel est situé là où se croisent les routes maritimes, entre le continent et les îles ioniennes, faisant de ce lieu un carrefour de rencontres et d’échanges culturels. Le choix du nom reflète ainsi cet équilibre : la puissance protectrice et la sagesse de Pallas Athéna, combinées à l’esprit dynamique et communicatif d’Angelika, rappelant la messagère divine. Angelika Pallas est un lieu où l’on veille à offrir aux visiteurs un refuge sûr et chaleureux, tout en leur transmettant l’hospitalité grecque empreinte de tradition. À travers son histoire, l’Angelika Pallas symbolise la rencontre entre l’histoire antique et celle contemporaine, tel un pont entre mythologie et monde actuel. Ancré dans une philosophie d’accueil, il reçoit chaque voyageur comme un messager porteur d’histoire et de culture, perpétuant l’esprit d’échange caractéristique de la région de l’Épire…


Dans la salle du restaurant, lors du petit-déjeuner, je m’attarde devant des photographies du passé. Loukas Mikhaïl, Vassiliou Vassilios, Dimas et Révis Konstantinos, traversent les années depuis un cliché pris en 1960. Une photo de classe remonte à l’année 1958.


Nous sortons après midi trente. J'achète, pour dix euros, un grand sac à dos dans un vaste magasin tenu par des Chinoises. Lors du déjeuner au restaurant Emily Akti, où la charmante Vangelia nous accueille, Patrick et moi nous régalons d’un pasticcio aux arômes méditerranéens. J’apprécie lentement cette merveille grecque aux couches parfaitement dorées : les pâtes tubulaires enrobées d'œuf et de fromage forment un écrin tendre pour cette viande hachée parfumée à la cannelle et à la muscade, le tout couronné d'une béchamel onctueuse. Chaque bouchée révèle l'héritage du chef Tselementes qui sut marier la tradition hellénique aux techniques italiennes, transformant ce gratin rustique en symphonie culinaire. Après le repas et un achat de fruits secs au magasin Kafekopteio, où la photo du petit-fils des exploitants trône contre un mur parmi d’autres clichés et artefacts, religieux notamment, nous nous retrouvons un peu plus tard, fortuitement, au café Presto où le beau Vassilis, au sourire charmeur, nous accueille en terrasse ombragée au bord de l’eau. Les vagues scintillantes ondulent sous la brise légère offerte par Éole. Nous buvons à la petite cuillère un cappuccino nappée de chantilly. Un temps de farniente s’offre à nous dans la douceur de ce dernier après-midi en Grèce après un périple de deux mois.


Une euphorie s’est emparée de moi quand je quitte ce havre de bien-être. Patrick et moi partons alors à la découverte des mystères et vestiges du Château d’Igoumenítsa qui trouve ses racines dans l’Antiquité, dès l’époque romaine, lorsque le premier noyau de peuplement paléochrétien s’installa dans la baie de Ladochori. La forteresse trapézoïdale, chargée d’histoire, sombre dans l’oubli jusqu’au XIIIe siècle. De nos jours, elle se dresse encore fièrement dans son invisibilité, malgré les siècles d’abandon et de transformation, fière de l’époque actuelle où Igoumenítsa est devenue une ville commerçante majeure de la côte ouest grecque. Nos pas nous mènent vers la porte orientale, gardée par deux tours massives, et le long de murs parfois hauts de six mètres, tandis que du côté sud mieux conservé, s’ouvrent portes voûtées et embrasures pour canons, témoins des multiples entrelacs des guerres vénéto-turques et des remaniements réalisés sous les Vénitiens de Francesco Morosini, puis sous Ali Pacha de Ioannina, qui redonna vie à la citadelle au XVIIIe siècle. Nous grimpons les escaliers de pierre vers le corridor périphérique, imaginant les sentinelles qui arpentaient autrefois ce chemin de ronde protégé par son parapet, et découvrons l’acropole intérieure renforcée par un mur transversal et une tour semi-circulaire, symbole des raffinements défensifs de cette citadelle qui domina le commerce sur la côte ouest grecque jusqu’à sa conquête ottomane en 1540, avant de connaître l’abandon et la transformation en marais, puis la destruction partielle, après la Seconde Guerre mondiale, pour faire place à un réservoir d’eau vital pour la ville et, progressivement, accueillir les infrastructures modernes de la ville portuaire. À l’intérieur des murs, la poudrière près de la tour nord évoque encore la vie guerrière passée. Chaque pierre, chaque vestige nous plonge dans un passé vibrant, à la fois lointain et très présent…


    En quittant le site par un autre chemin en sous-bois, un panneau nous informe sur la Via culturelle Egnatia : un voyage fascinant à travers les âges, de la Thrace et de la Macédoine jusqu’à l’Épire, en empruntant l’ancienne Via Egnatia et la voie rapide moderne Egnatia Odos. La Via Egnatia, artère millénaire tissée par les Romains au IIe siècle avant J.-C., serpente majestueusement de l'Adriatique à Byzance, reliant l'Orient à l'Occident par un ruban de pierres et d'histoires. Cette route légendaire, qui traverse les Balkans depuis Durrës jusqu'à Constantinople, a porté sur ses dalles usées les pas des légionnaires, des pèlerins, des marchands et des empereurs, transformant chaque étape en carrefour de civilisations. Aujourd'hui métamorphosée en itinéraire culturel européen, elle invite les voyageurs modernes à redécouvrir ce corridor d'échanges où se mêlent vestiges antiques, châteaux byzantins et traditions vivaces, offrant un voyage fascinant à travers vingt siècles d'histoire méditerranéenne et balkanique…















































































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