dimanche 14 septembre 2025

Un peu d'histoire

  Elle s’appelle Manon Bril, elle est docteur en histoire et elle monte sur scène.

    Historienne, youtubeuse, humoriste et vidéaste, Manon Bril fait rimer Histoire et humour sur sa chaîne « C’est une autre histoire ». Aujourd’hui, elle investit la scène avec « 300 000 ans », un seul-en-scène qui s’attaque aux idées reçues et démonte les mythes avec malice.


    Docteure en histoire et youtubeuse suivie par plus de 700 000 abonnés sur sa chaîne C’est une autre histoire, Manon Bril se lance désormais sur scène. Avec son spectacle 300 000 ans, elle propose une traversée de l’humanité en mêlant érudition et humour. Elle aime rappeler à quel point les évidences actuelles ne l’ont pas toujours été : « Il y a seulement 2000 ans, à Rome, on faisait des "réus" aux toilettes parce qu’il y avait des latrines collectives. » Une image frappante pour montrer que nos habitudes sociales peuvent radicalement évoluer. « 2000 ans, c’est hier à l’échelle de l’humanité », insiste-t-elle, avant de conclure : « Changeons ce qu’on veut changer puisque de toute façon, ça va changer. »


    Sur scène, elle s’amuse à bousculer des notions identitaires ancrées. Lorsque l’interroge sur l'origine du Gaulois à traduire par "le Français pur souche", elle déroule une litanie de noms de peuples antiques pour démontrer la diversité des origines : « Les Arvernes, les Helvètes, les Ceutrons, les Elusates… » Autrement dit, impossible de parler d’une souche unique. Elle rappelle aussi que le sentiment national est une invention récente : « Le nationalisme, ça date du XIX siècle, quand l’école apprend à tous les petits Français à parler français et que français en gommant les particularités régionales. » Derrière cette construction, l’idée d’un pays unifié prêt à défendre ses frontières à la veille de la Première Guerre mondiale. L'humoriste met en garde : l’histoire peut être déformée pour servir des idéologies.


    La particularité de Manon Bril est de mêler rigueur et irrévérence. « Il n’y a pas de petit sujet. L’histoire, ce n’est pas que les grands rois, les grandes batailles », affirme-t-elle. D’où son goût pour les anecdotes de la vie quotidienne, y compris les plus triviales. Elle assume le recours au « cru, à la scatologie, à la grivoiserie » pour parler de masculinité ou de sexualité dans l’Antiquité, jusqu’aux statues grecques où « l’orteil est plus gros que le sexe représenté ». À travers ces exemples, elle défend une thèse simple : « Rien n’a toujours été comme ça. » Fidèle à sa devise — « La tradition est une illusion » —, elle voit dans l’histoire une ressource pour comprendre que les institutions et les normes sociales évoluent, et que l'on peut transformer ce qui oppresse…. La suite est à écouter...


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