mercredi 10 septembre 2025

Mercredi 10 septembre 2025 - De Napoli à Roma en train dans la magie du voyage....


    Nous sortons de la chambre 110 à dix heures trente. Dalila et Marika nous accueillent à la réception. Quelques mots en français nous accompagnent pour le voyage. Des gouttes de pluie tombent distraitement ; l’orage violent annoncé fait partie des exagérations des prévisions. Nous allons à la gare. Elita nous souhaite la bienvenue au Starbucks. Roby prépare les boissons : caffè latte tiramisu regular et matcha avena. La terrasse du café est comble. Deux jeunes garçons libèrent leur table. Nous nous installons dans le brouhaha et l’agitation de la gare où les annonces se succèdent dans les hauts-parleurs: « Il treno… » Je prends plaisir à suivre le défilé des voyageurs et à observer les visages qui se présentent à mon regard. Chaque être humain est une pépite dont le rayonnement est unique. Ce canevas humain, en continuelle interaction, représente pour moi la plus belle des richesses, celle omniprésente qui embellit nos pérégrinations de voyageurs nomades.


    Nous déjeunons à midi près de la gare à la pizzeria trattoria Scugnizzo sur le corso Novara. Les gnocchis commandés sont servis dans un plat en fonte posé sur une assiette en porcelaine Saturnia, une marque italienne reconnue pour ses articles robustes et élégants.


    Plus tard le long du fil de la journée, je salue Simona avant d’aller savourer un café chez Cuori di Sfogliatella, la marque d’une pâtisserie napolitaine créée il y a plus de trente ans par Antonio Ferrieri. Le Caffè all’Amarena, voluptueux nuage de crème enlacé de griottes et d’effluves sucrés, invite Patrick à un délice rose et fruitée tandis que le Caffè Kinder, cascade gourmande de chocolat, de crème onctueuse et de fins éclats cacaotés, évoque en moi la douceur de l’enfance dans chaque cuillerée.

    

    Le train  s’élance sur la voie avec quinze minutes de retard sur l’horaire annoncé. Nous occupons les sièges 10A et 10B dans la voiture sept. Je repense avec amusement à une publicité originale et percutante imaginée par Jean-Paul sur Radio Nostalgie qui commençait par : « Voiture sept, voiture sept, signalons prise d’otages au magasin Vuargnoz Salons… » — devant son succès et le nombre important de clients généré, nous l’avions fait diffuser à diverses reprises avec toujours le même engouement de la part du public… La pluie tombe et ruisselle sur le vitrage. Un beau jeune homme, ténébreux, prend place en face de moi. Après un temps à consulter son smartphone, il poursuit la lecture du livre Una vita violenta de Pier Paolo Pasolini…


    Ce roman, publié en 1959, raconte la vie de Tommaso, un jeune homme des faubourgs pauvres de Rome, pris dans la violence, la misère et les contradictions d’une société en mutation. Pasolini y peint avec acuité et compassion l’univers des borgate — ces quartiers populaires en marge de la capitale — où se mêlent vitalité, brutalité, rêves d’ascension et inéluctables désillusions. Entre délinquance et désir de liberté, le destin du protagoniste devient le miroir d’une Italie en pleine transformation, où l’espoir côtoie sans cesse le désenchantement. Le lecteur devant moi s’abandonne avec naturel au rythme du texte, comme si la voix de Pasolini trouvait en lui une résonance silencieuse. Rien d’appuyé dans son attitude : juste la tranquillité d’un voyageur qui profite du temps offert par le train pour s’immerger dans un autre monde.


    Le convoi arrive en gare de Roma Termini après quinze heures trente. Le trajet qui s’est étiré fait partie d’une certaine nonchalance des minutes italiennes. Anna Helena nous accueille à la sortie via Marsala où elle nous a donné rendez-vous. Après une course sous une brusque averse qui nous trempe, nous montons à bord de son monoplace noir. Anna conduit avec dextérité et régularité dans le trafic animé du centre-ville. Nous passons devant le Monumento a Vittorio Emanuele II. Construit entre 1885 et 1935, il est dédié au premier roi de l’Italie unifiée et il symbolise l’unité nationale italienne. Situé sur la Piazza Venezia au cœur de Rome, le monument est reconnaissable à sa massive structure de marbre blanc, à ses nombreuses colonnes et statues, à ses figures allégoriques et aux deux grandes fontaines sur les côtés. Deux drapeaux italiens se dressent fièrement sur sa façade, accentuant sa vocation patriotique. Anna nous dépose à seize heures quinze au 89 via dei Farnesi où Paul nous accueille pour la remise des clés de l’appartement situé au rez-de-chaussée. Nous nous installons avant d’aller effectuer des courses à pied alentour. Comme le disait Goethe : Il n'y a qu'une Rome dans le monde… Patrick et moi sommes prêts à nous laisser submerger par la beauté infinie de ses merveilles…

















































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