mercredi 17 septembre 2025

Mercredi 17 septembre 2025 - De Rome à Florence par le train…

 

    Nous quittons l’appartement à dix heures. Roberto nous emmène à la gare à bord de son minibus Opel Vivaro noir. Les pavés romains bousculent la conduite et ses passagers. Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons en gare de Roma Termini dont l’effervescence témoigne du nombre innombrable de voyageurs. Nous trouvons un Starbucks au niveau supérieur. Toutes les tables sont occupées. Une dame s’en va et nous prenons sa place. Alessandro m’accueille et Federica, attentive, prépare le caffè latte et le cacao au lait d’avoine, comme demandé.


    Plus tard, un certain lyrisme quelque peu désabusé s’empare de moi devant les toilettes au message devenu éculé : « Ô voyageur du rail romain, témoin de ce grand projet d’humanité, contemplez donc ces nobles toilettes d’un temps nouveau ! Avec la grandeur d’âme des empereurs antiques, mais pour la modique somme d’un euro et vingt centimes, ces sanctuaires modernes vous offrent l’expérience révolutionnaire de n’illuminer leur auguste obscurité qu’à l’heure nécessaire – car même la lumière, en ces temps de conscience écologique, doit désormais justifier sa présence. L’eau elle-même, cette substance jadis prodigue dans les thermes de Caracalla, n’y coule qu’avec parcimonie, mesurée au millilitre près comme un élixir. Et que dire de ces matériaux choisis avec l’attention d’un conservateur de musée, respectueux de notre Terre mourante – car voyez-vous, même nos besoins les plus prosaïques se parent désormais des vertus du développement durable. Ainsi va le monde, où l’on paie pour soulager sa vessie tout en sauvant la planète, dans une harmonie parfaite entre l’utile et l’idéal, le trivial et le sublime… »


    À midi, en face du Starbucks, nous déjeunons chez Paul, le café français né en 1889. Quiches aux légumes, sandwich sésame-camembert et sandwich Starbucks composent la mélodie ferroviaire de notre repas.


    Vers treize heures trente, les minutes voyageuses nous trouvent dans la carrozza numéro sept, à bord du train Frecciarossa 9422 à destination de Venise. Dans le carré de l’autre côté de l’allée du wagon, un homme barbu lit le roman de Sebastiano Vassalli au titre aussi long qu’énigmatique : « Dio, il diavolo e la mosca nel grande caldo dei prossimi mille anni ». Dans ce récit à la fois acerbe et profond, Sebastiano déploie son regard ironique et désabusé sur l’humanité, mêlant grotesque et gravité pour peindre le destin incertain d’un monde en proie à son propre déclin. Le diable et la mouche, symboles du mal et du dérisoire, se meuvent dans ce grand « chaud » mystérieux, cette fournaise des mille années à venir où l’homme devra affronter les bouleversements climatiques et ses propres contradictions morales. Par cette fable millénaire, il interroge le sens de la condition humaine, usant d’un ton à la fois satirique et contemplatif, emprunt d’une lucidité qui dérange et fascine, invitant le lecteur à une méditation sur l’avenir, la foi et l’absurde. Le livre s’impose ainsi comme un monde en miniature, où brûlent les feux de l’existentiel, et où se propage le souffle brûlant d’une société moderne en éclats...


    Nous arrivons à Florence après quinze heures. Nous nous dirigeons vers notre chez nous au 9 Via del Fiordaliso…





























































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